07/25/20

Ciel cathare
Cette année, Chantal et moi avons réservé une chambre au « refuge aux étoiles » près de Saint Antonin Noble Val, un peu au sud des causses du Quercy, dans une zone préservée de pollution lumineuse entre Albi et Montauban.

Ce gite et chambres d’hôtes sont tenus par un amateur qui organise des soirées d’initiation à l’astronomie sur son matériel (entres-autres, un newton 400 sur monture à fourche) et qui m’a permis de placer mon Dobson 400 sur son terrain.

Le séjour fut d’autant plus agréable qu’un couple d’amis, passant leurs vacances à quelques kilomètres de là en compagnie de membres de leur famille établis dans la région, nous ont fait découvrir le pays et nous ont organisé plusieurs soirées où nous avons été accueillis comme si nous faisions aussi partie de cette famille.

Entre les invitations et le ciel parfois nuageux, j’ai eu deux nuits d’observation que j’ai poussées jusqu’à des heures compatibles avec des visites touristiques diurnes le lendemain.

La vedette de cette période était, sans conteste, la comète Neowyse 2020 qu’on voyait, à l’œil nu, depuis la terrasse où était servi le petit déjeuné mais qui n’était pas accessible depuis le terrain où était placé mon télescope.

J’ai consacré ces deux nuits à l’observation d’objets « classiques » que j’avais déjà observés et, pour certains, déjà dessinés les années précédentes mais que je voulais affiner.

Messier 51

On ne présente plus ce couple de galaxies surnommée la galaxie du tourbillon et située dans la constellation du chien de chasse à 27,5 millions d’années-lumière de nous. La plus grosse galaxie finira par absorber complètement la plus petite … mais ce n’est pas pour demain.

Voici, en haut, une photo extraite de Wikipédia qui montre bien les bras galactiques et les zones d’absorption et à droite le dessin que j’ai réalisé.

En visuel, avec un diamètre de 400 mm, les bras galactiques sont discernables mais on s’y perd facilement. J’ai perçu le bras de matière reliant les deux galaxies mais, manifestement, elle a été exagérée sur le dessin.

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Messier 16

Plus près de nous, puisque situé dans notre galaxie, Messier 16 est une des vedettes de l’été. C’est un amas ouvert entouré d’une nébuleuse de gaz ionisé surnommée la nébuleuse de l’aigle en raison de sa forme rappelant vaguement un oiseau aux ailes déployées.

En son centre se situe une partie sombre immortalisée par une des plus célèbres photos du télescope spatial Hubble intitulée « les piliers de la création ».
Voici une photo Wikipédia de la nébuleuse (en haut) et des « piliers » (en bas).

J’ai entouré, en bleu, les piliers sur la photo du haut.
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En visuel, sur le T400, un des challenges est d’essayer de discerner ces piliers.

Après de longues minutes d’observation, ils ont fini par apparaître, en vision indirecte sous forme d’une petite tache en forme de « L » entourant une des étoiles.



Messier 17

L’objet suivant est de même nature que le précédent.
Situé un peu plus bas que le précédent, dans la constellation du sagittaire, un des surnoms de cette nébuleuse est « le cygne » en raison de sa forme qui peut évoquer un cygne nageant dans l’espace.

Avec le T400, en visuel, on distingue très bien la forme de l’oiseau ainsi que la partie moins lumineuse qui l’entoure. En observant suffisamment longtemps (avec filtre UHC ou OIII), des nuances d’intensité apparaissent progressivement dans la partie principale.

Ici encore, en haut, une photo trouvée sur le net et en bas, mon dessin

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M20

Encore plus bas, toujours dans le sagittaire, à proximité du bulbe central de notre galaxie, se situe le dernier objet de cette série de nébuleuses en émission. Surnommée la nébuleuse trifide, en raison de son aspect, trilobé, elle est plus petite que les deux précédentes.

L’aspect trilobé provient d’un nuage de poussières obscures qui la traverse. Son centre est occupé par une étoile triple. En visuel, on ne perçoit généralement que deux de ces étoiles.

Comme pour les 2 nébuleuses précédentes, un filtre OIII ou UHC aide bien à percevoir les détails.

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NGC 6888

Le dernier objet de cette série est encore une nébuleuse en émission (gaz ionisé par une ou plusieurs étoiles), mais elle est d’une nature très différente car le nuage de gaz a été formé par une étoile de Wolf-Rayet. Il s’agit d’étoiles assez grosses (plusieurs dizaines de masses solaires) qui, au début de leur vie, expulsent une grande quantité de gaz sous forme de vents stellaires très rapides. Le nuage expulsé forme une espèce de bulle plus ou moins bien fermée autour de l’étoile qui lui a donné naissance.

Le surnom de NGC 6888 est « la nébuleuse du croissant » car, vue de notre planète, la bulle prend à peu près cette forme.

Visuellement, cette nébuleuse n’est pas facile à repérer car elle est assez pâle et se trouve en plein dans les myriades d’étoiles qui compose la voie lactée. Sans filtre OIII (ou UHC), il est presque impossible de la trouver.

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Je passerai la semaine suivante de mes vacances dans les alpes suisses où j’aurais encore deux soirées d’observation … mais ce sera une autre histoire …

Yves Piette


Article posté à  14:41:44, le 07/25/20 par Yves - Catégorie : Vie du Club


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